jeudi 16 décembre 2010

Périclès


Un aristocrate athénien
Périclès naît vers -494. Sa maison est illustre. Son père Xanthippe a participé à la bataille du cap Mycale et de Sestos durant la seconde Guerre Médique. Il fait partie de la famille des Alcméonides, qui reste entachée par le manquement en -630 d'une parole engagée et d'un meurtre commis par Mégaclès. Cela lui a valu l'exil. L'enfant hérite du nom de son grand père, ce qui veut dire qu'il hérite d'un nom, d'une gloire et d'une malédiction. La famille de Périclès est aristocratique et se définit par la richesse et le monopole des charges politiques.

Périclès se marie à 40 ans avec une femme, dont nous ignorons le nom et dont il aura deux fils. Plusieurs années plus tard, il divorce et épouse Aspasie. En -447, elle lui donne un fils. Le mariage est obligatoire en politique, parce que la cité exige du citoyen qu'il procrée des fils légitimes. Les Grecs distinguent clairement la sexualité de récréation et celle de procréation. Personne ne blâme ceux qui cherchent le plaisir hors de sa maison, d'où l'existence de prostituées.

Aspasie est originaire de Milet en Asie Majeure. C'est une métèque, c'est à dire une femme libre, mais non citoyenne. Elle tire ses revenus d'une maison close, mais devient une courtisane grâce à la pratique de la danse et de la musique. Ce qui a plut à Périclès, c'est son intelligence et sa culture. L'union de Périclès avec Aspasie n'est pas du goût de tous les Athéniens. On accuse Aspasie d'avilir le mariage, de diriger la cité. Hermippos l'attaque au tribunal pour débauche et impiété. Procès qu'il perdra.

En -451, Périclès fait voter une loi qui stipule que seuls les enfants ayant les deux parents citoyens recevront la citoyenneté. Or en -431, ses deux fils légitimes meurent de maladie. Périclès est obligé de demander l'abrogation de cette loi pour légitimer le fils d'Aspasie.

Périclès a reçu une éducation classique. Il s'agit de cultiver les vertus. A cela s'ajoute de la gymnastique et un peu de musique. Il apprend la littérature. Les maîtres de Périclès sont des amis de la famille et probablement des sophistes, c'est à dire des philosophes. Ces derniers pour assurer leurs revenus enseignent aux aristocrates l'art de la parole, la religion et la morale. Néanmoins, il leur est souvent reproché d'énoncer des théories contraires à la volonté des dieux.


La mise en place de la démocratie
Après avoir chassé le tyran Hippias, Clisthène prend le pouvoir et opère de nombreuses réformes politiques. La cité est divisée en dème, sorte de communauté géographique. C'est à partir de ce découpage que la citoyenneté est définie et transmise. Ils sont regroupés en trois cantons : la ville, la côte et l'intérieur. La Boulê ou conseil des 500 est créé. Elle sert à gérer la cité. L'année divisée en dix mois permet un roulement des membres et donc une gestion continue. Les magistrats en fonction sont appelés les prytènes L'Aréopage existait déjà avant Clisthène. Il est formé de hauts magistrats les archontes issus de l'aristocratie et s'occupant de la justice.

Périclès obtient une première charge très tôt, puisqu'il n'a que 21 ans. Il est chorège, c'est à dire qu'il finance et supervise la construction et la rénovation des bâtiments publics. Il s'occupe tout particulièrement du théâtre. Il réapparaît dix ans plus tard lors d'un procès contre Cimon, un homme politique athénien influant et grand stratège. En -465, Cimon dirige une expédition punitive contre les Thasiens La cité tombe après deux ans de siège et Athènes s'empare des mines d'or. Cependant, on lui reproche de ne pas vouloir attaquer la Macédoine sous prétexte qu'il ait touché des pots de vin. L'année d'après, un tremblement de terre se produit en Lacédonie. Ses habitants y voient un présage divin pour se rebeller contre la domination spartiate. Une guerre éclate. Sparte demande l'aide d'Athènes. Cimon s'en fait le porte parole et part sur place avec 4000 hoplites.

Pendant ce temps, Ephialte qui a pour second Périclès attaque l'Aréopage et réduit ses prérogatives avec l'appui des Thètes la classe sociale la plus pauvre. Ces derniers sont galvanisés par la relative diminution des soldats dans la ville. A peine arrivé, Cimon est renvoyé par les Spartiates, qui finalement n'ont pas besoin de son aide. Périclès se fait le porte parole, depuis la mort étrange d'Ephialte, du courant anti Cimon. Il défend l'idée que Cimon n'a fait qu'humilier Athènes et obtient gain de cause. Cimon est exilé.

Périclès devient le chef des démocrates, adversaire du parti oligarchique. Il participe à l'élargissement de la base sociale, c'est à dire qu'il rend l'accès aux magistratures plus facile pour les citoyens les moins fortunés. Pour cela il crée le misthos sorte de compensation financière.

Périclès est attiré par la mer et pense que la puissance athénienne doit venir de sa marine. La Ligue de Délos formée pour protéger les Grecs contre les Perses fournit les ressources nécessaires à ce projet. Par ailleurs, Athènes fonde des colonies à l'extérieur de ses limites et s'empare de territoires appartenant à des barbares, que l'on appelle les clérouquies. Cette expansion permet aux classes populaires de s'agrandir et de s'enrichir. Afin de protéger son port Le Pyrée, il fait construire deux remparts longs de six kilomètres, reliant les deux villes.

Au milieu du Ve siècle, les familles aristocratiques se sont généralement accommodées des réformes démocratiques. L'ostracisme de Cimon a quelque peu ruiné leurs revendications. De ce groupe, seul émerge Thucydide, que les aristocrates vont porter au premier plan. Thucydide s'oppose à la politique impériale prônée par Périclès, en raison de sa tendance à l'isolationnisme. Il voit d'un très mauvais œil que la cité vive sur des fonds étrangers. Les relations entre les deux hommes sont haineuses. Les procès vont bon train. Finalement, Périclès parvient à faire ostraciser son ennemi.


Le gouvernement de Périclès
En -443, Périclès est élu pour la première fois stratège. Il sera reconduit dans ses fonctions pendant quinze années de suite jusqu'à sa mort, ce qui reste exceptionnel. Cette durabilité a permis à Périclès de développer une politique de long terme et ainsi marquer la cité de son empreinte. Périclès jouit d'un grand prestige à Athènes, faisant tout pour s'attirer les faveurs de la population. Ses adversaires politiques lui reconnaissent même certaines qualités intellectuelles et oratoires. Mais voilà, Périclès occupe trop de place et on l'accuse de tyrannie.

En -449, Périclès fait adopter un décret organisant le financement public de grandes constructions dans la cité. Le programme comprend notamment la rénovation de l'Acropole ainsi que la construction du Parthénon et de la statue monumentale d'Athéna. Le cahier des charges et le financement sont soumis au vote de l'Ecclésia. Périclès dans cette tâche se fera aider par le sculpteur Phidias, qui dessinera le modèle de la statue d'Athéna.


La guerre
Après avoir repoussé la menace perse lors de la Seconde Guerre Médique, la guerre éclate entre Athènes et Sparte vers -431. C'est ce que l'on appelle la Guerre du Péloponnèse. Athènes s'inquiète de la puissance militaire de Sparte. A l'inverse, Sparte s'inquiète de la puissance économique et territoriale de son adversaire. C'est Périclès qui en temps que stratège mènera cette guerre.

Avant le début de la guerre, il dirige des corps de mission de reconnaissance et de colonisation en Thrace, région fertile en blé. En -441, Milet demande l'aide d'Athènes contre sa rivale Samos. Périclès s'y rend avec une armée et s'empare de l'île. Il y établit une démocratie. Après une révolte réprimée dans le sang, Samos est obligée de raser ses murs et de verser un lourd tribut. Athènes ne pardonne pas le manque de respect de la part de ses alliés. C'est le cas par exemple d'Eubée et de Naxos. Les serments de fidélité s'insèrent dans un ensemble politique cohérent. Punition et surveillance d'abord, puis affaiblissement militaire par confiscation de la flotte et par le versement de tributs. Athènes intervient également dans les affaires de la cité en jouant sur le cours des monnaies ou en s'accaparant le pouvoir judicaire.

Suite au décret de Mégare qui fait passer Corinthe dans le camp athénien, la guerre éclate. Immédiatement, les spartiates envahissent l'Attique. Périclès refuse de sortir pour les affronter. Il sait que les ennemis sont plus forts sur terre que sur mer. Mais son message passe mal. On pense qu'il a peur. Athènes derrière ses murs est encerclée et surpeuplée. Très vite, les maladies se répandent. La crainte, l'abattement et le désarroi s'emparent des habitants.

Périclès n'est pas à Athènes à ce moment là. Il dirige une expédition navale vers Sparte. Cependant devant la situation critique d'Athènes, il est obligé de faire demi- tour. De retour, on l'accuse de tous les maux. Il parvient néanmoins à calmer les esprits. Ses fils et sa sœur meurent quelques mois plus tard. Le peuple le démet de ses fonctions, mais il est très vite rappelé, mais il refuse de revenir. C'est Alcibiade son ami qui le fait changer d'avis. La maladie l'emporte à l'automne -429 à l'âge de 65 ans. 28 ans plus tard, c'est au tour d'Athènes et de la démocratie de succomber sous les coups des Spartiates.




" Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage."
Périclès


Sources :
texte : BOULE. Pierre : Le Siècle de Périclès
image : histoire-fr.com ; Sid Meyer : Civilization IV

1 commentaire:

  1. On ne parle pas de sa famille dans ce texte à part de sa femme :(

    RépondreSupprimer